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Cercueils sur mesure – Truman Capote

« Les plus grandes fureurs, comme les grands whiskies, requièrent une longue fermentation »

Truman Capote – Cercueils sur mesure – 1980.

Très peu de rapport avec l'article, mais quelle est belle !

Truman Capote. Ahahah. Qui n’a jamais pouffé à la lecture de ce nom pour la 1re fois ? Vous avez 13-14 ans. Capote. Ahahah. Ou même 15-16. Avouez.Eh bien, le gars Truman m’était un parfait inconnu jusqu’aujourd’hui. Son nom m’était familier mais je n’avais pas eu l’occasion de lire sa prose ni même de me renseigner sur le bonhomme.

Apparemment, c’était un rebelle. Un gars qui fait scandale. Il n’écrit quasiment que des nouvelles et c’est un personnage éclectique -novelliste, journaliste, homme mondain, ami d’enfance d’Harper Lee-. Il est d’ailleurs l’un des personnages de To kill a mockingbird. Son grand succès restera sûrement Breakfast à Tiffany’s, notamment grâce à l’adaptation avec Audrey Hepburn.

Pas du tout destiné à écrire, il aura côtoyé Carson McCullers, Tennessee Williams, Norman Mailer ou encore Marilyn Monroe. Il se sera jeté à corps perdu dans un reportage sur un quadruple meurtre et aura fini, seul, dépressif et alcoolique.

Un personnage vraiment intéressant. A creuser.

Quid du texte qui nous intéresse aujourd’hui ?

En toute honnêteté, c’est le titre qui m’a attirée. Je l’ai acheté en même temps que le prometteur Club du suicide de Stevenson.

Il s’agit d’une nouvelle – ou d’un petit roman ? – constituée presque exclusivement constituée de dialogues. Au sens traditionnel du terme ou façon scène de théâtre (L’auteur se met d’ailleurs en scène puisque notre narrateur s’identifie comme TC), mais aussi de conversations téléphoniques, de lettres, de télégrammes.

On ne s’embarrasse donc pas de descriptions ou de longs portraits psychologiques, ici. Le style est concis, diablement efficace et l’histoire progresse au fil des rencontres. La première, et la base de la nouvelle, c’est la rencontre avec Jake Pepper, policer de son état. C’est lui qui enquête sur une série de meurtres, déguisés en accidents, dont le point commun est simple : toutes les victimes ont reçu un cercueil miniature, par la poste, contenant une photo d’eux. Cette enquête est l’obsession de Jake, persuadé d’avoir trouvé un coupable, mais incapable de le prouver.

L’intrigue se dévide au fil des conversations, donc, et nous offre quelques personnages aussi énigmatiques qu’étranges : Bob Quinn – simple fermier ou fou de Dieu ?-, sa femme – hispanique accro à la Tequila, morte naturellement ou assassinée ?-, ou encore la fiancée de Jake – peut-elle échapper au destin ?-.

On passe un bon moment, rien d’extraordinaire certes. Le récit ressemble un peu trop à un exercice de style, clair, concis et efficace. Mais  la grande maîtrise de l’écriture et de la narration dont fait preuve Capote (ahahah) ici, donne envie d’aller jeter un œil sur ses œuvres plus longues, De sang froid, notamment. J’ai un faible pour les dialogues bien écrit, je vais me laisser tenter.

Si vous avez une heure à tuer dans les transports en commun, c’est une excellente façon de le faire. Le cercueil est même fourni !

Titre original : Handcarved Coffins

Langue: français

Éditeur : Gallimard

Catégorie : Folio

Sous-catégorie : Policier

Pages : 117

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