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Parasites – Murakami Ryû

J’ai longtemps recherché en vain, chez Murakami Ryû, la même intensité, la même folie que dans Les bébés de la consigne automatique. Ma dernière tentative en date, Love and Pop était un échec : le thème est racoleur et le roman sans envergure ni intérêt.

J’ai retrouvé Parasites, intact, perdu sur une étagère depuis plusieurs années. Et c’est le roman de Ryû que j’ai lu qui se rapprocherait le plus des Bébés. Même si l’intrigue y est plus modeste, et le souffle moins épique. Et qu’on s’y ennuie davantage.

Février 2002 - 400 pages

Langue : français

Éditeur : Picquier poche

Catégorie : Adulte

Sous-catégorie : ?

Thème : Folie

A lire le 4ème de couverture, on dirait du Dantec. Et l’on s’attend à un roman d’anticipation ou de SF. Que nenni ! Parasites est tout simplement le récit du retour à la vie d’un homme fou.

Uehara vit coupé du monde dans son petit appartement, assommé de médicaments. Il ne reçoit que la visite de sa mère, de temps en temps, pour seul contact humain. Il regarde la télé, va chez le psychiatre, mange, dort, et accessoirement, frappe sa mère lors de terribles accès de violence. Mais un jour, il découvre internet et un groupe secret qui y opère : INTER BIO. Par leur intermédiaire, il va se « libérer » et reprendre contact avec l’extérieur. Persuadé d’avoir une mission quasi divine sur Terre, Uehara laisse libre cours à sa folie et redécouvre dans une débauche de violence, les sensations, le plaisir, la vie.

Comme souvent chez Ryû, le récit dérange et c’est le but. Car finalement, qui sont les fous ? Uehara et son amour ogresque de la vie ? Ou cette société conformiste et étouffante décrite dans le roman ?

La pensée du héros nous est livrée brut de décoffrage. Avec ses ellipses, ses sauts, sa froideur aussi.

Mais au final, si le fond est vraiment séduisant, dans sa réalisation, le roman lasse. Le tour de force de Ryû d’imaginer des pages entières de faux web n’est que ça : un tour de force, un exercice de style. Ces longs passages ralentissent considérablement le récit et nous détachent encore un peu plus. Le ton distancié du récit d’Uehara suffisait, là, le lecteur risque de s’éloigner un peu trop et de ne pas revenir…

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