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Coup de gueule féminin (iste)

Qu’on se mette d’accord tout de suite : ce post ne sert à rien d’autre qu’à me soulager d’un certain agacement à la lecture d’articles sur le net. Vous trouvez cet agacement futile et inutile ? Vous avez sûrement raison. Mais faut que ça sorte avant la gangrène.

Lynch et Rossellini, magnifiques

J’ai du mal à comprendre comment on peut être une femme et faire l’apologie d’un type qui a passé sa vie à prendre en photo des nanas à poil, les jambes écartées de préférence. Le tout sans aucun esprit critique.

Je veux parler d’Helmut Newton et des nombreux articles qui lui sont consacrés en ce moment. Un peu partout, sur les blogs notamment, on salue son œuvre à l’occasion de l’exposition qui lui est consacrée au Grand Palais.

Helmut Newton, c’est le photographe des stars. À son palmarès : Catherine Deneuve, Grace Jones, Kate Moss, Karen Mulder, Monica Bellucci, Cindy Crawford et Claudia Schiffer. Bref, que de la mocheté.

Est-il un grand photographe ? Sûrement.

A-t-il marqué la photographie de la fin du 20ème siècle ? Il parait.

Ses photos sont-elles superbes ? Indéniablement.

Je n’ai aucun doute là-dessus, et je serais la première à reconnaitre le talent du monsieur, même si ce n’est pas ma tasse de thé. Ce n’est pas du tout le propos de cet article.

C’est  l’analyse qui est faite de son œuvre qui fait hurler mon âme féministe.

Helmut Newton libère la femme

Je ne vais pas mentir, intellectuellement, son œuvre me hérisse le poil. Et le fait que des femmes s’émerveillent sur la vision de la femme qu’il offre n’arrange pas les choses.

Car la femme, chez Newton, se réduit à son cul. Un magnifique cul, sensuel et tout et tout, orné de deux superbes nichons à faire bander le premier mâle venu. Un cul qu’on admire et qu’on envie. Mais un cul, néanmoins.

On est chez les Beautiful people, les Happy few au pays du cocktail luxe, mode et pouvoir. On se croirait dans le monde d’American Psycho.

Alors quand je lis qu’Helmut Newton redonne le pouvoir à la femme qui s’assume physiquement, qu’il efface la femme soumise, ça a le don de me foutre en boule.

Est-ce vraiment ce que vous y voyez en tant que femme ? Une femme qui s’assume ? Moi, j’y vois une beauté somptueuse et irréelle, capable de faire rêver homme comme femme, certes. Mais j’y vois surtout un femme dont le pouvoir et l’intérêt se limitent au sexe et à la séduction. J’y vois une femme vue par un homme.

Est-ce vraiment ce à quoi vous vous réduisez ? Êtes-vous à ce point aveuglées que vous ne voyez plus ce qu’ont de problématique ce genre de photos ?

Ou alors, je ne suis pas de la même espèce que mes congénères.

On est tellement plus à l'aise, un nichon à l'air

Parce qu’une fois passés l’admiration et le pur plaisir esthétique, je n’aperçois que des femmes vues à travers le prisme du regard de l’homme. Helmut Newton n’est au fond qu’un mec qui laisse parler ses fantasmes de mec. Il le fait très bien, c’est indéniable.

Mais par pitié, arrêtez d’invoquer la femme libérée, quand tout ce qu’on vous montre, ce sont de pauvres petites filles riches transformées en objets de plaisir.

Depuis quand les jambes écartées sont-elles un signe de progrès de la condition féminine ?

Un peu d’esprit critique n’a jamais fait de tort à personne. On peut admirer un artiste, sans cautionner ou reprendre à son compte ses idées. Vous avez aimé l’expo, dites-le mais s’il vous plait, dispensez-vous de répéter le laïus machiste qui l’accompagne. M. Newton était très fort en auto-justification, c’est sûr, sinon aucune femme n’aurait jamais plus accepté de poser pour lui.

Si c’est encore à travers le prisme de ces fantasmes purement masculins que les femmes de 2012 continuent de se voir et de se rêver, la condition féminine a définitivement du souci à se faire.

Ce n’est pas du tout du puritanisme de ma part. Il en faut beaucoup pour me choquer. Mais je m’interroge vraiment. Notamment quand je lis dans le même titre d’un article sur Newton, les termes « Porno chic » et « libération de la femme ». Et j’ai beau retourner le problème, je ne vois pas en quoi ça peut être compatible.

Après, il est aussi tout à fait possible que je n’aie rien compris au grand message féministe du gars Helmut. Expliquez-moi, je suis toute ouïe. Vous me jetterez des pierres plus tard.


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Berenice Abbott – Femme et Photographe (de grand talent)

Après Diane Arbus, c’est Berenice Abbott qui a les honneurs du Jeu de Paume.

Berenice qui ? Abbott. Comme John.

Vous ne la connaissez pas ? Moi non plus, jusqu’à présent. Et c’est bien dommage car son travail est digne des plus grands. Du coup, la féministe en moi s’interroge. Certes, je n’y connais pas grand chose en photographie, mais si l’on me demande de citer des noms célèbres, tous ceux qui me viennent à l’esprit sont masculins. Diane Arbus exceptée, et encore, j’ai toujours eu un mal fou à retenir son nom. Il a fallu que je lise un billet sur la Dame pour la découvrir, j’avais pourtant côtoyé certaines de ses photos.

Car Berenice Abbott n’est pas une obscure artiste que l’on exhume aujourd’hui. Elle a travaillé avec Brancusi, appris la photographie grâce à Man Ray, côtoyé et photographié Gide, Cocteau ou Joyce, exposé de son vivant au MoMA et a travaillé au M.I.T ( elle illustrera les manuels scolaires de physique). Et pourtant, dès les années 60, alors qu’elle publie encore, elle tombe peu à peu dans l’oubli. Son œuvre connaitra un regain d’intérêt tardif, un peu avant sa mort.

Et honnêtement, qui, parmi les profanes que nous sommes, connaissait son nom ? Pourtant, son œuvre méritait une place bien plus importante dans la postérité. Question de goût, je suppose. Enfin, j’ose espérer.

Un petit aperçu en images de l’œuvre de la dame, je ne suis pas assez érudite en la matière pour vraiment vous en parler.

Mais si vous le pouvez, courez au Jeu de Paume, l’expo est là jusqu’à fin Avril.

Un petit  aperçu rapide de cette œuvre se compose de 4 grandes périodes :

 L’art du portrait :

Changing New York :

Regard sur l’Amérique (Route 1) :

 La science :

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