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Le cercle et la flèche – Le chaos en marche 2

Après avoir englouti le tome 1, j’ai vraiment craint que le tome 2 ne soit pas à la hauteur. Et il n’en est rien. Même si mes doutes ont persisté à certains moments, Le cercle et la flèche est un roman différent du premier, plus lent mais aussi plus complexe et violent. Une lecture dérangeante. Dans le bon sens du terme.

Ça avait mal commencé, pourtant. On retrouve Todd et Viola, après leur fuite endiablée, mais cette fois-ci ils sont séparés. La narration alternera donc d’un chapitre à l’autre. Et les premières pages m’ont fait grincer des dents : les amoureux qui s’ignorent ne cessent de soupirer et de commencer des pensées qu’ils ne finissent jamais. Todd, ô Todd, je… Viola, ô ma Viola, que je… A chaque fois que le nom de l’un ou l’autre apparait, c’est lassant. mais ça ne dure pas.

Attention, cet article est un énorme SPOILER

pour le Tome 1 également.

(M’enfin vous devez vous en douter  vu qu’on parle d’un tome 2…)

Ils sont donc « coincés » à New Prentisville, anciennement Haven, rebaptisée par Le Maire Prentis devenu Président-Tyran. Chacun va nous faire découvrir, à tour de rôle, deux facettes de la guerre qui se prépare : Todd est du côté du tyran, et Viola va, peu à peu, s’impliquer dans la Résistance qui s’organise face à lui.

Ça sonne manichéen ? Le Bien contre le Mal ? Les gentils contre les méchants ? Eh bien, ce n’est pas le cas, en tout cas, pas à première vue (je reviendrai plus tard sur mes quelques réserves). Tous deux vont être confrontés à d’indicibles violences et actes de barbarie. Car Patrick Ness ne ménage pas son lecteur et tous les thèmes de l’occupation, de la lutte armée et de la dictature sont évoqués, voire décrits en détail : l’humiliation, l’asservissement et la torture de l' »ennemi de l’intérieur », le sacrifice de vies au nom de la cause… L’auteur ne nous épargne rien et tant mieux : pas de vision édulcorée de la guerre, pas d’impasse sur les dilemmes moraux qu’elle pose. Même la lutte pour la liberté et les idéaux est présentée comme telle : un combat, sanglant, pas toujours moral.

Tout le récit, assez lent au départ, tourne autour du leitmotiv de nos deux héros : On est les choix qu’on fait. Et malheureusement pour eux, heureusement pour le lecteur, Todd est loin de toujours faire les bons. Parce qu’il n’est, finalement, pas si facile que ça de résister à la collaboration quand on a beaucoup à perdre. Parce qu’on s’habitue à tout, même à la barbarie. On le voit donc petit à petit renoncer à ses convictions, commettre des actes atroces car on le lui a ordonné- c’est son excuse – et se déshumaniser. Et c’est là que c’est « dérangeant  » : Todd on le suit depuis 500 pages déjà, on l’aime bien. On essaie même de lui trouver des excuses, et pourtant, ses actes sont impardonnables, et on le sait très bien.

Patrick Ness fait donc des choix difficiles pour de la littérature jeunesse, mais nécessaires à la construction d’un récit qui tient la route, littérairement et moralement. Il nous met parfois mal à l’aise, nous sort de notre zone de confort.  Il nous (r)envoie face à des questions qu’on s’est forcément déjà posées, si on a entendu parler de l’Occupation allemande, de la barbarie nazi et de la Résistance. Et les réactions des différents protagonistes sont cruellement réalistes. Pour ne pas avoir cédé à la facilité, pour cette honnêteté, merci. Pour ne pas ménager le « jeune » lecteur et ne pas lui offrir une vision idéalisée de la lutte armée, merci.

Mais.

Quelque chose me gène dans la vision de la Résistance offerte par M. Ness. H. et moi somme d’ailleurs en désaccord sur le sujet, et j’espère que le dernier Tome confirmera que mes doutes ne sont pas fondés.

La Résistance, la Flèche, est un groupe de femmes majoritairement, qui posent des bombes, détruisent des infrastructures pour fragiliser le pouvoir en place, avant l’assaut final. Si leurs objectifs sont « matériels », il arrive qu’elles tuent, par inadvertance. Et si cela est regrettable, et regretté, elles savent que c’est la règle. Et cette vision me parait très tristement juste, pragmatiquement et historiquement. Peut-on aujourd’hui, reprocher à la Résistance française d’avoir tué par accident alors qu’elle faisait exploser un pont ? Peut-on lui reprocher les soldats allemands et les collaborateurs qu’elle a éliminés ? Non.

Pourtant, à travers la voix et le point de vue de Viola, Ness m’a donné l’impression de condamner ces actes de violence. Mrs Coyle, la chef de la Flèche, est présentée comme une femme avide de pouvoir, et parfois sans cœur. Une alter ego du tyran car elle n’hésite pas à sacrifier des vies pour le bien du plus grand nombre. Et donc, quand Viola rejoint la Flèche et pose des bombes, mais crie à qui veut l’entendre que sa chef est une meurtrière, ça me dérange profondément.

Le message de Patrick Ness serait-il finalement plus naïf et niais qu’il n’y parait ? Essaie-t-il de nous dire que la lutte armée, c’est bien, tant que personne ne souffre ? Que la violence et le meurtre ne sont justifiables que quand on agit par amour, pas par idéal ? Qu’un leader, quel que soit ce qui l’anime, est toujours un être égoïste et assoiffé de pouvoir ?

J’attends de voir comment le personnage de Mrs Coyle évolue. J’ai de l’espoir car je sens quand même une sympathie pour elle. J’espère que H. a raison et qu’il s’agit en fait d’une autre stratégie de Ness pour que l’on s’interroge, que l’on réagisse.

Si c’est le cas, il a réussi. J’attends la suite avec une impatiente encore plus grande que la dernière fois.

Nota Bene : Pour ceux qui connaissent l’excellent BSG, New Prentisville, c’est New Caprica. Ron D. Moore s’était lui-même inspiré de l’occupation française.

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10 livres de Fantasy pour les (pas trop) petits

Paradoxalement, je trouve globalement la Fantasy de littérature jeunesse bien supérieure en qualité à celle pour adultes. Elle est bien écrite, drôle, et surtout ne se prend pas au sérieux. C’est une littérature décomplexée, car dragons, sorciers et esprits font naturellement partie de l’imaginaire des enfants, et dès lors, les auteurs détournent les modèles, jouent avec les lieux communs de façon assez jubilatoire.

10 livres de Fantasy

pour les petits et les grands :

1) Harry Potter – Tous, sans exceptionJ.K Rowling

 » Ce sont nos choix qui montrent ce que nous sommes vraiment, beaucoup plus que nos aptitudes. »

De même que le Seigneur des Anneaux est fondateur, Harry Potter a marqué et marque encore la littérature jeunesse. Enfin un auteur qui parle à l’intelligence de ses lecteurs, truffe son univers de références et d’humour, et nous emporte en un claquement de doigt dans un monde peuplé d’amis de chair et d’encre. Car tout le succès réside là : on est tous Harry Potter.

Là encore, la galerie de personnages, prolifique, ne cesse d’étonner et de ravir le lecteur. Même le plus petit, celui qu’on entraperçoit 2 pages tous les 3 tomes – hein, Mme Pom Fresh ! – est complexe et vivant. Et tous ces détails, souvent négligés par l’adaptation, drôles et incongrus qui constituent l’univers de Poudlard – les noms, les formules magiques, les tableaux, le quidditch…- font du monde d’Harry Potter l’un des plus riches et des plus séduisants que j’ai rencontrés.

Harry Potter n’est jamais niais, fait la part belle aux femmes, bonnes comme mauvaises, c’est ça le vrai féminisme. Et ça, ça compte.

Je ne comprendrai donc jamais qu’on puisse lire Harry Potter et ne pas aimer. Ou alors, on n’a pas dépassé 20 pages. Ou c’est de la mauvaise foi.

À lire, relire et rerelire. Il y a toujours quelque chose qui vous aura échappé.

Et toi, le païen, là, au fond ! N’oublie pas qu’Harry Potter était déjà un phénomène avant la sortie des (mauvais) films. Alors ne fais pas ta mauvaise tête et lis-le ! Harry Potter roxx !

2) Le clan des Otori – 3 à 5 tomes – Lian Hearn

Les bonnes choses vont toujours par trois. Et cette trilogie est magique.

Elle aurait du figurer dans ma liste pour adultes, car initialement, le 1er tome est sorti chez Folio, avant de connaître le succès chez Gallimard-jeunesse.

L’écriture et l’univers ne sont pas ceux du traditionnel roman de littérature jeunesse : on utilise au moins 1000 mots de vocabulaire ! Et les héros ne sont ni européens, ni américains. Car oui, jeunesse, il existe d’autres continents en ce bas monde ! Par contre, c’est encore un adolescent qu’il va vous falloir suivre :

Tomasu, élevé par la communauté pacifiste des Invisibles, se voit arraché de force à son village parès que celui-ci se soit fait massacrer. Adopté par l’un des puissants seigneurs du clan des Otoris, il se trouve mêlé aux nombreuses intrigues qui déchirent un Japon médiéval obscur et violent.

Le clan des Otori est une histoire de violence, de vengeance, mais aussi de loyauté. C’est l’histoire de passions qui se déchainent, d’apprentissage et de poésie.

Pour preuve, le véritable héros de ce 1er volume n’est autre qu’un parquet qui chante. Véridique.

(En fait, il y a 5 volumes. Car comme pour toute série qui rencontre le succès, son auteur ne peut s’empêcher d’exploiter le filon).


3) La trilogie de Bartiméus – 3 tomesJonathan Stroud

Ici, aucun doute, on est vraiment dans la littérature jeunesse : le héros est un jeune (encore !) garçon (encore !). Mais, ô originalité suprême et jouissive, il n’est pas sympathique. Du tout. Et c’est très perturbant.

Mais de toutes façons, ce n’est pas vraiment lui, le héros de notre histoire. Car Bartiméus est bien pire. Mais lui, on l’aime !

Bartiméus est tout simplement un esprit, un Djinn, invoqué par un apprenti sorcier tout pourri mais très ambitieux, et qui n’a d’autre choix que de lui obéir. Il passera d’ailleurs, la moitié du roman à chercher des failles pour échapper à l’emprise de ce jeune morveux.

Ce qui distingue cette trilogie des millions d’autres ? Tout ou presque.

Bartimeus est hilarant. Bartimeus est là contre sa volonté : il n’avait pas du tout envie de participer à ce roman ! Alors, il vanne, commente, fait preuve de mauvaise foi et de mauvaise volonté. Bref, il n’y met pas vraiment du sien. Et il me fait beaucoup rire.

Son maître ? Un jeune ambitieux, arraché dès son plus jeune âge à ses parents, pour être élevé par un sorcier pour lequel il n’a aucune affection. C’est donc un jeune homme assez calculateur et froid, qui n’a que la magie pour se faire une place dans ce monde (légèrement vérolé) gouverné par la sorcellerie.

J’essaie tous les ans de le faire lire à un ou deux très bons lecteurs de 6ème, sans succès. Ils partent le livre à la main, enchantés après mon pitch, et reviennent sans jamais l’avoir terminé. Du coup, je me demande si c’est moi qui ai un humour tordu ou s’ils sont trop jeunes pour apprécier…

4) A la croisée des mondes 3 tomes – Philip Pullman

L’est-y pas chouchoute cette couverture ? Avec ce gros nounours blanc ? Ne vous fiez pas aux apparences, cette trilogie (!) n’est pas toute guimauve et barbapapa.

Cette fois-ci, nous avons affaire à une héroïne, très jeune, pré-adolescence. Son monde ressemble au nôtre en de nombreux points, à une exception de taille : les daemons. Un daemon est un animal « fétiche », vivant, et relié à un être humain par un lien invisible. C’est en quelque sorte une représentation visible de la personnalité, de l' »âme ».

Lyra, notre héroïne, vit dans un austère pensionnat en compagnie de son daemon, et autour d’elle, les enfants disparaissent. Lyra s’engage à la poursuite de ces kidnappeurs d’enfants, surnommés les Enfourneurs, qui ont notamment capturé son meilleur ami Roger.

Là encore, l’univers est poétique, souvent enfantin, sans jamais être niais ou infantilisant. La langue est riche et c’est un vrai voyage passionnant pour l’imagination. Le propos est moins cynique qu’ailleurs, car c’est une très jeune fille que nous suivons.

Une jolie quête initiatique, emplie d’une magie souvent métaphysique, à laquelle on se laisse facilement prendre. Pullman a un indéniable talent de conteur.

5) Chroniques des temps obscurs –  4 tomes – Michelle Paver

C’est un peu Fantasy chez Néandertal. Rapport au mode de vie nomade, aux clans, à la bestialité qui se dégage de tout ça.

C’est plein de forces brutes, primaires et ancestrales. Toute cette communion avec la nature, ça change, c’est bien. Surtout qu’une fois n’est pas coutume, c’est un élève qui me l’a fait découvrir. Et puis, il y a un loup, c’est chouette les loups. Alors qu’il y a des losers, dans le roman, ils font partie du clan des phoques. On voit pourquoi c’est pas eux les héros…

Et en parlant de héros, devinez quoi ? C’est un jeune garçon ! Oh, ça nous avait manqué !

Non, cynisme mis à part, époque et magies ancestrales font de ce roman un souffle d’air frais bienvenu dans le milieu parfois sclérosé et renfermé sur lui-même de la Fantasy.

6) Le livre des étoiles – 3 tomes – Erik l’Homme

C’est du très classique, avec chevalier,  magicien et tout le toutim. Mais tout débute sur l’île d’Ys, et rien que ça, ça suffit à me vendre un livre. Une île d’Ys située au confluent de 2 mondes.

C’est très charmant, pas révolutionnaire pour un sou, mais même un adulte peut s’y laisser prendre. Un bon moment et une valeur sûre, comme la trilogie suivante, pour tout adolescent de 10 à 13 ans.

 

7) La quête d’Ewilan – 3 tomes + 3 – Pierre Bottero

Bottero a un truc pour les surdoués. Je devrais dire pour les surdouées. Puisqu’après sa reprise du E=MC2 mon amour de P. Cauvin dont les héros ont le QI d’Einstein, il remet le couvert avec Ewilan. Et remarquez, une jeune fille intelligente, ça nous change de tous les petits mecs qu’on a d’habitude.

La quête d’Ewilan est une lecture très marquée jeunesse : le style y est très simple et peut-être rebutant pour un adulte. C’est traditionnellement LA trilogie préférée des bonnes lectrices de collège. En passe donc, de devenir un « classique ».


8) Tara Duncan – Tomes 1 et 2 – Sophie Audouin-Mamikonian

Les couvertures sont bien plus kitch par la suite. C'est dire.

Attention, voilà la cavalerie ! Tara Duncan, c’est du lourd, une machine commerciale bien huilée, au rythme effréné d’un nouveau volume tous les ans. Un tel succès que l’auteure s’est payé le luxe de changer de maison d’édition après la publication des premiers tomes.

Et ce n’est pas étonnant que ça marche : c’est rythmé, un peu déjanté, on ne s’y ennuie pas. De plus, Tara Duncan est entourée d’une bande de joyeux drilles, composée du meilleur pote, de la meilleure copine un peu timide, et même d’un chien ! Tout pour plaire à l’adolescent.

J’ai pris du plaisir à lire les 2 premiers tomes, mais le 3ème m’est tombé des mains. On tourne quand même très vite en rond.

Si vous cherchez un cadeau pour une ado de 12 à 14 ans, c’est parfait !

 
9) Magyk -Tomes 1 et 2 – Angie Sage

Oh, la belle couverture qui donne envie de vomir !

Vous voulez tous les ingrédients de la bonne vieille Fantasy réunis en un seul livre ? Magyk est pour vous. À voir la couverture, on imagine une grosse daube. Mais finalement, ce n’est pas si mal. C’est drôle, sans prétention, plutôt bien écrit et si vous aimez la magie, dans son sens le plus traditionnel, vous serez ravi.

(Là encore je n’ai lu que 2 tomes, faudrait pas abuser des bonnes choses…)

 

 

 

10) Silverwing – Tome 1 uniquement – Kenneth Oppel

Prenez une grosse voix, bien caverneuse et sérieuse, genre le gars du Previoulsy de 24, et lisez ceci tout haut :

« Depuis les temps les plus anciens, une loi contraint les chauves-souris à vivre dans l’obscurité, condamnant à mort quiconque oserait regarder le soleil. Mais un jour, Ombre un chauve-souriceau de la colonie des Ailes d’Argent se laisse pousser par la curiosité et transgresse bien malgré lui la loi. Il ne se rend alors pas compte que l’attendent de nombreuses aventures qui changeront à jamais sa vie. »

Ça fout les chocottes ce truc, non ? Vous kiffez grave votre race, non ? Non plus ? Non. Bon, si vous avez moins de 11 ans, ça peut marcher. Sinon, passez votre chemin. C’est mignonnet à souhait, ça plaît bien, mais pas à moi, même si je peux comprendre l’attrait et ne nie pas la qualité digne de la bibliothèque verte. Pour chauve-souris.

Et devinez quoi ? Ils en ont fait une trilogie !

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Top Ten Tuesday : 5 livres de Fantasy pour les grands

Vous aimez les lectures qui n’en finissent pas ? Fermer un live tout en sachant qu’il reste encore 3 volumes derrière ? Vous aimez les longues épopées même pas intergalactiques ? Les fuites effrénées par instinct de survie ? Vous aimez les coeurs purs affublés de compagnons plus faillibles qu’eux ? Les héros endurant mille tourments et épreuves pour notre bien à tous ? Vous aimez les châteaux, les chevaliers, les combats à l’épée et les vieux bibelots ?

Et surtout, vous aimez la magie qui ne fait pas Crac-boum-hue ?

Alors, cette liste est pour vous !Cette semaine : Thème libre ! Et j’ai choisi…

5 livres de Fantasy

pour les grands :

Pourquoi ce choix ? Parce que c’est une jungle, et qu’il est facile de s’y perdre. Parce qu’il y a proportionnellement beaucoup plus de daubes qu’ailleurs. Parce que ça va me rappeler de bons souvenirs.

Je ne suis ni une grande consommatrice, ni une spécialiste du genre. Certains « classiques » m’ont fait hurler de rire et je les ai posés à la 30ème page.

Du coup, 10 excellents romans, c’est trop, faut pas abuser. En plus, ils font tous 3000 pages en moyenne. Je m’arrêterai donc à 5.

1) Le seigneur des anneaux – The Lord of the rings – JRR Tolkien

« Un Anneau pour les gouverner tous,

Un Anneau pour les trouver

Un Anneau pour les amener tous et dans les ténèbres les lier

Au Pays de Mordor où s’étendent les ombres »

Comment ne pas le citer ? C’est un univers d’une richesse incroyable. Tellement fouillé et complet qu’on se prend à y croire. Une magnifique épopée, exaltante, émouvante, à condition de dépasser les 100 premières pages.

Si vous êtes réfractaire, rapport à tout le tapage autour du film et aux boutonneux qui ne jurent que par ça, dites-vous que pour une fois, ils ont raison.


2) Le cycle de l’assassin royal / La citadelle des ombres – The Farseer Trilogy et The Tawny ManRobin Hobb

En poche, le cycle de l'assassin royal

À l’origine, ce sont deux trilogies. Mais les aléas de la traduction et de l’édition françaises les ont transformées en une multitude de volumes. Avec parfois des titres différents. Pratique, non ?

Dans un univers médiéval, rude et légèrement obscurantiste, nous suivons Fitz, le bâtard du roi, élevé à la cour comme assassin royal. Mais le royaume, jusque là en paix, devient la cible des attaques des pirates rouges, qui transforment les hommes en animaux. Fitz, tiraillé entre deux formes de magie, l’une légale, l’autre bannie, devra trouver son rôle dans la défense du royaume et de la famille royale dont il est issu.

Ces romans marquent le début de mon intérêt pour l’héroïc-fantasy. Ils m’ont tenue des nuits entières en haleine, et pourtant, je n’offre pas mon précieux sommeil si facilement.

L’univers m’a fascinée. (Et j’étais tombée amoureuse de Vérité qui disparait pendant la moitié du roman, il fallait que je le retrouve !)La magie n’y est jamais loin, sans pourtant être vraiment présente. Pas de feux d’artifice ou autres magiciens à paillette. Mais une subtile poésie macabre et des personnages bien campés et très attachants. Et ils souffrent. Et on aime ça. Mais c’est sûrement pour leur bien, non ?

3) Les aventuriers de la mer / L’arche des ombres – The Liveship Traders – Robin Hobb

J’emprunte à Wiki : « Ce cycle raconte l’histoire d’une famille de marchands de la très prospère Terrilville, bien au sud de Castelcerf (ville où commence l’histoire de L’Apprenti assassin). Cette famille possède la Vivacia, une vivenef – formidable vaisseau pouvant devenir vivant, et surtout, pouvant remonter le fleuve du Désert des Pluies afin de faire le commerce d’objets merveilleux. À la mort d’Ephron Vestrit, capitaine de la Vivacia, la lutte pour posséder la vivenef commence. »

Objectivement, cette trilogie (elle aussi morcelée en français) est meilleure que celle citée précédemment. Les personnages y semblent plus fouillés et l’exotisme qu’ils dégagent, de même que les lieux, les rend fascinants. On suit plusieurs personnages, bien moins têtes à claques que Fitz, mais aussi beaucoup plus ambitieux et en phase avec leur monde. Ça fait du bien. Et puis, il y a cette présence tout au long du roman, ce personnage dont je n’ai pas rencontré d’égal ailleurs : la vivenef, ce bateau adoré et maudit. Un vrai héros de tragédie.

Et puis, mesdames, un argument de poids : Robin Hobb est une femme. Et ça se sent. On  a dans ces différentes trilogies une très belle galerie de personnages féminins, forts et indépendants. Et des personnages avec un véritable rôle à jouer, pas des potiches.

Chronologiquement, elle fait le lien entre les 2 parties de l’assassin royal et permet de combler certains « blancs ». C’est d’ailleurs parce que je ne l’ai lue qu’en second qu’elle m’a, au final, moins marquée. Peut-être aussi parce qu’il a fallu que j’attende la sortie de quelques tomes, bien petits, avant de finir la lecture directement en anglais.

Peut-on apprécier pleinement cette série sans avoir lu L’assassin royal ? Pas la 1re partie, en tout cas.

4) Le secret de JiPierre Grimbert

Enfin un auteur français !

Je vous renvoie à Wiki pour le synopsis. Mis à part une écriture agréable, ce que j’ai aimé ici, c’est l’épopée communautaire. Car le secret de Ji, c’est l’aventure d’un groupe, hétéroclite, héritier d’un lourd passé qu’ils ne maîtrisent pas.

On y retrouve au final quelques composantes qui ont fait le succès du Seigneur des anneaux (la force et le poids d’un lieu, le groupe d’aventuriers choisis par le destin), mais ici la communauté ne se disloque pas si rapidement.

Le problème des auteurs de Fantasy, c’est qu’ils ne savent pas s’arrêter. Car après le secret de Ji, nous avons eu le droit aux enfants de Ji puis aux gardiens de Ji. Chaque série est, bien sûr, un peu moins bonne que la précédente.

Grimbert est aussi l’auteur de l’excellent Tome 1 de La Malerune. Malheureusement, il n’a pas poursuivi lui-même cette série et son successeur n’est pas à la hauteur.

5) Les princes d’Ambre VS Les chroniques d’Alvin le faiseurZelazny VS Scott Card

Ces 2 séries n’ont rien de bien exceptionnel, mais je m’en souviens encore, ce qui n’est déjà pas si mal. Et comme il en fallait 5…

Si vous avez beaucoup de temps devant vous, lisez Les princes d’ambre (10 tomes). Ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais on se laisse malgré tout très vite prendre au piège de cette saga interminable. D’ailleurs, quelques volumes en moins, ça n’aurait pas été désagréable.

Si vous êtes très patient, lisez Alvin. La série n’est pas finie, et si ça se trouve, Scott Card a rejoint le paradis des mormons. Ce ne serait pas de bol. Un très bon moment (je n’ai lu que les 3 premiers, ceci dit) à condition d’avoir de quoi enchainer et d’être riche. (4 tomes en poche, le reste chez l’Atalante)

BONUS :

– Mention spéciale « écrit avec les pieds » : La tapisserie de Fionavar de Guy Gavriel Kay

– Mention spéciale « pour adolescents américains incultes » : Le cycle de Pendragon de Stephen Lawhead

– Mention spéciale « très bon souvenir de lecture adolescente » : Les Dames du lac de Marion Zimmer Bradley

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Paper Towns – John Green

Houston, Houston, nous avons un problème ! 

Paper Towns fait partie de ces livres qu’on est persuadés qu’on va aimer, à peine a-t-on aperçu sa couverture et lu quelques critiques sur le web. Toutes dithyrambiques, forcément.

John Green, ô John Green, toi qui parles si bien  d’amour et d’adolescence. John Green, ô John Green, toi le roi des auteurs pour jeunes (très !) adultes (vous déconnez, non ?).

Que dalle, nenni, des nèfles. Flouée, la fille. Malgré un titre prometteur, ce livre est d’une banalité affligeante. A tel point que j’ai, tout le long, eu l’impression de l’avoir déjà lu.

Un petit aperçu ? Descendez un peu la page, et relisez la caractérisation des personnages de 13 reasons why. Ce sont les mêmes, exactement. Le jeune narrateur, sérieux geek de son état, amoureux de sa voisine, populaire, jolie, qui aime la poésie, et un brin suicidaire. Les mêmes !

Alors certes, il y a des subtilités dans l’intrigue, qui diffère tout de même un peu. On a même droit à une étude en règle d’un poème de Whitman. Mais tout ça ne suffit pas à effacer le profond ennui qui s’est installé à la lecture.

Vous me direz : je ne suis pas le coeur de cible de ce type de roman. Toutafé, mais cela ne m’a jamais empêché de parfois les apprécier et d’y passer un bon moment. Là, après 13 reasons why et sa narration originale, le roman est fade.

Du coup, je soupçonne les minettes (pas toutes si jeunes, d’ailleurs) qui parcourent le web en semant compliment sur compliment sur les romans de Green, d’en être un peu amoureuses, rapport qu’il est jeune et joli. Et comme il parle d’amûûûûûr, avec des mots simples, mais sans faire de fautes, ça les émoustille. Y a pas d’autre explication à ce succès.

La preuve en image :

Je lui laisserai quand même une chance pour se racheter, vu que « Looking for Alaska » est dans ma pile de lectures pour 2012.

Si vous voulez un vrai résumé, allez là : Mama zone

(Vous noterez, encore une fois, le talent des éditeurs pour transformer les titres à la traduction : La face cachée de Margo)

Langue: anglais

Éditeur : Speak

Catégorie : Jeunesse

Sous-catégorie : Récit de vie

Thème : Adolescence

Pages : 305

1re publication : Octobre 2008

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Le chaos en marche – La voix du couteau

Avec un titre pareil, cette trilogie de littérature jeunesse était sûre de ne pas m’appâter. Et de toutes façons, cela faisait belle lurette que je ne lisais plus de Fantasy ou associé. Ennui et lassitude avaient eu raison de moi.

C’était sans compter sur H., ma chère documentaliste, qui faisant fi de mon ras-le-bol affiché pour ces histoires qui finissaient toutes par se ressembler, m’a prêté le 1er tome.

Et j’ai replongé.

En quelques pages, le mal était fait. J’ai lu d’une traite cette première partie d’une épopée, vraiment  originale.

Notre narrateur va avoir 13 ans (Oui, je sais, ça ne donne pas envie) et vit dans un univers post-apocalyptique qui fait froid dans le dos. Il est le plus jeune garçon du dernier village de son monde, village victime d’un virus qui aurait décimé toutes les femmes. Et comme si ce n’était pas suffisant, dans le genre malédiction, les pensées de chacun sont audibles, disponibles pour tous,  formant un brouhaha permanent, le Bruit.

Bref, un monde sympathique, joyeux et accueillant, où ce jeune homme se sent forcément très à l’aise. D’autant plus qu’il va rapidement s’apercevoir qu’on lui a toujours menti et qu’il a intérêt à fuir très vite. En même temps, même sans être menacé, c’est plutôt une bonne idée d’aller voir ailleurs.

C’est donc sa fuite effrénée -vers quoi ? toute la question est là- pour échapper à une menace obscure, que l’on suit tout au long de ce 1er volume.

Et c’est chouette, vraiment. Déjà, ce jeune homme a une drôle de façon de s’exprimer. Son orthographe est parfois approximative, ses mots sont déformés, voire inventés. Le rythme même de ses phrases est intrigant. Illettrisme ? Témoignage d’une certaine évolution de la langue ? Todd n’appartient clairement pas à notre univers.

Mais le meilleur, ce n’est pas cet adolescent en fuite, mais la galerie de personnages attachants ou carrément flippants que Patrick Ness pose sur son chemin. Du prêcheur fou Aaron, au maire de la ville, en passant par Ben le père adoptif ou la vieille Je-sais-plus-comment.

Il y a un savant dosage de suspense et d’action qui tient en haleine, le tout mâtiné d’un soupçon de violence. Alors certes, comme il s’agit de littérature jeunesse, le pessimisme et l’obscurité ambiants sont très vite nuancés par un message sur l’espoir, et des bons sentiments. Mais cela reste suffisamment discret pour ne pas gâcher ma lecture. Pas de grand discours niais pendant des pages, ça me convient. Et le héros, Todd, est parfois animé par de bien sombres pulsions et s’en mange, en retour, plein les dents.

Il me reste désormais à lire la suite. Mais j’avoue que j’ai peur d’être déçue.  Peur que sur la longueur cet univers s’épuise et que l’on retombe dans les topoï du genre.

En tout cas, j’ai hâte de voir où tout cela va nous mener, ce n’est pas tous les jours que des récits de littérature jeunesse réussissent encore à me surprendre.

Langue: français

Éditeur : Gallimard jeunesse

Catégorie : Jeunesse

Sous-catégorie : Dystopie

Thème : Civilisation

Pages : 528

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