Archives de Tag: élections

Et vous, où étiez-vous ?

Et que faisiez-vous ces dernières années, quand le visage de notre nouveau président attendait d’être dévoilé ?

Pour ma part, j’ai gardé un souvenir très précis, non pas tant des soirées, que des périodes électorales. Même si, avec le temps, l’enthousiasme s’est émoussé.

1981

J’ai quatre ans et aucun souvenir de cette élection. Mais la génération Mitterrand, c’est moi.

J’ai longtemps été persuadée que Président et François Mitterrand étaient synonymes.

Je suis tombée de haut quand on m’a annoncé qu’il n’était pas président à vie et pouvait perdre son mandat.

Je n’ai vécu en direct aucun de ces moments : la victoire, le panthéon, l’affolement des marchés, la liesse populaire. Et pourtant, ils font partie de mon histoire.

1988

J’ai 11 ans et dans la cour de récré, avec Gwénaëlle R. dont le papa est socialo-communiste, on milite pour Tonton. On a déjà des idées très arrêtées et on papote politique tous les matins avec Hélène et Mme P., les dames de la cantine.

J’ai 11 ans et je ne peux pas imaginer quelqu’un d’autre à la tête de mon pays. Tonton, c’est un peu notre papa.

Je me souviens d’une attente exaltée devant la télé et d’une grande joie à l’annonce des résultats. J’avais eu le droit de suivre une grande partie de la soirée électorale, moi qui ne pouvais jamais regarder la télé le soir. C’est dire si c’était important.

1995

J’ai 18 ans et à 1 mois près, je ne peux pas voter. Je ne m’inscris donc pas sur les listes électorales cette année-là, ça ne sert à rien, et je me ferai avoir en beauté quand Chichi dissoudra l’Assemblée nationale l’année suivante. Ces élections anticipées me passent également sous le nez.

Je suis en Terminale, on parle beaucoup politique. Pour la 1re fois, j’ai autour de moi des jeunes de mon âge qui avouent voter à droite et ça me laisse très sceptique. Je suis plutôt Charlie Hebdo que le Figaro. Chacun ses goûts.

Je regarde aussi beaucoup les Guignols, comme de plus en plus de français. Chirac en deviendrait presque sympathique.

De toutes façons, on est déjà en cohabitation, ces élections marquent la fin de l’ère Mitterrand mais ne changent pas la donne. J’avais même oublié que Jospin était le candidat de la gauche. Cette élection ne m’a pas laissé beaucoup de traces, les conversations avec mes potes trotskistes davantage.

2002

21 Avril, le choc. Je suis étudiante, politisée et fière de l’être. Et je défile, à Rennes, avec des milliers de gens contre le Front National. J’ai un souvenir très ému de cette foule immense et bigarrée.

Le Pen perd, Chirac gagne et se vante presque d’avoir été élu aussi largement.

L’impression d’avoir été flouée va persister un bon moment.

2007

Ségolène, Sarko. Deux candidats de droite. L’un comme l’autre m’horripile.

Aucune alternative satisfaisante.

Ce n’est pas tant une campagne des idées qu’une campagne de la communication.

Le débat se déplace à droite, la gauche est au centre.

On ne nous demande plus de voter pour nos convictions, pour un candidat qui nous convient, mais de « voter utile ». Parce que tous les votes ne sont pas égaux ? C’est comme pour la galinette cendrée ? Il y a le bon vote et le mauvais vote ?

Malgré le spectre du 21 Avril, je ne me déplace pas.

J’ai 30 ans, je ne suis plus jeune et pourtant, mon état d’esprit se résume à ça :

2012

J’ai bien conscience que l’abstention n’est pas une solution. Ma foi en la politique a repris du poil de la bête et cette campagne aura vu ma participation à mon 1er meeting politique.

Dimanche, j’irai voter, c’est certain. Et puis, j’irai peut-être assister aux résultats dans les locaux du parti auquel milite mon chéri. Ou alors, je resterai devant ma télé, en souvenir du bon vieux temps, quand je n’avais pas encore 20 ans.

Et vous, où serez-vous ?

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« Si les candidats étaient « : portrait chinois pour vous aider à choisir

Petit jeu auquel vous avez tous joué enfant, ou récemment, y a pas d’âge. Normalement, c’est un autoportrait, mais il se trouve que je n’ai pas les candidats sous la main. Voici, en  tout objectivité, sans aucun parti pris, les réponses qu’ils auraient pu donner… Mais on n’est jamais trop prudent :

ÂMES POLITIQUEMENT SUSCEPTIBLES S’ABSTENIR

(Non, ce portrait ne penche pas du tout d’un côté.
C’est une illusion d’optique.
Objectif, j’ai dit. )

Si nos candidats étaient….

Un titre de film:

Sarkozy : Apocalypse Now

Le Pen : Au nom du père

Arthaud : Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes

Bayrou : Et au milieu coule une rivière

Mélenchon : Extension du domaine de la lutte

Poutou :  À la poursuite d’octobre rouge

Cheminade : Rencontre du 3ème type

Dupont-Aignan: Mon nom est personne

Joly : Titanic

Hollande : La grande bouffe

Un personnage de fiction :

Sarkozy : Rastignac,

Hollande : Bridget Jones,

Bayrou : Charles Bovary,

Marine Le Pen : Bellatrix Lestrange,

Poutou : Étienne Lantier,

Mélenchon : Toby Ziegler (The West Wing),

Joly : Caroline (la tortue dans Boule et Bill. La ressemblance est troublante)

Arthaud : Mafalda,

Dupont-Aignan : Thierry la Fronde,

Cheminade : Le professeur Tournesol

Des paroles de chanson :


Sarkozy : Les Poppys

« Non, non rien a changé
Tout, tout a continué
Hé ! Hé ! Hé ! Hé !

Et pourtant bien des gens
Ont chanté avec nous
Et pourtant bien des gens
Se sont mis à genoux
Pour prier, oui pour prier
Pour prier, oui pour prier
Mais j’ai vu tous les jours
A la télévision
Même le soir de Noël
Des fusils, des canons
J’ai pleuré, oui j’ai pleuré
J’ai pleuré
Qui pourra m’expliquer que… »,

Hollande : Jon Lajoie

« I am just a regular everyday normal guy…
Nothing special about me Mother Fucka
I am just a regular everyday normal guy…
When I go to the clubs I wait in line Mother Fucka
I am just a regular everyday normal guy…
I got 600 dollars In the bank Mother Fucka
I am just a regular everyday normal guy…
And my sexual performances is average »

Le Pen : Michel Fugain

« Elle est vivante, elle a encore
La haine au ventre, la rage au corps
La bête immonde

Qu’elle tourne au loin comme un vautour
Ou Rampe et ronge tout autour
La bête immonde

Depuis le temps qu’elle a fait le trou
De sa tanière grise
Là-bas, ici, partout
Au coeur de chacun de nous
Elle est l’enfant que la bêtise
A conçu avec l’ombre
La bête immonde »
Joly : Kana

« J’ai de petits problèmes dans ma plantation
Pourquoi ça pousse pas?

Moi, j’ai planté tomates et concombres.
Concombres ça pousse pas.
Alors moi, j’ai planté bien à l’ombre,
À l’ombre ça pousse toujours pas. »

Poutou : Les Fatals Picards

« Mon père était tellement de gauche
qu’à son mariage dans l’église
On chantait l’Internationale,
les femmes portaient des faux cils
Mon père était tellement de gauche
qu’on a eu tout plein d’accidents
Il refusait la priorité a droite, systématiquement »

Arthaud : Renaud

« Elle crèche cité Lénine
Une banlieue ordinaire
Deux pièces et la cuisine
Canapé, frigidaire
Préfèrerait habiter
Cité Mireille Mathieu
Au moins elle sait qui c’est
Pis c’est vrai qu’ça f’rait mieux
Sur les cartes de visite
Qu’elle utilise jamais
Ça mettrait du ciel bleu
Sur les quittances de gaz
L’en parlera au syndic
Si elle a une occase »

Mélenchon : Zebda

« Ami entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines
Ami entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne
Ohé, partisans ouvriers et paysans c’est l’alarme
Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes

Motivés, motivés
Il faut rester motivés !
Motivés, motivés
Il faut se motiver !
Motivés, motivés
Soyons motivés !
Motivés, motivés
Motivés, motivés !

On va rester motivé pour le face à face
On va rester motivé quand on les aura en face
On va rester motivé, on veut que ça se sache
On va rester motivé…

On va rester motivé pour la lutte des classes
On va rester motivé contre les dégueulasses

Motivés, motivés… »

Dupont-Aignan : Gérard Lanvin

« On m’appelle le chevalier blanc
Je vais et je vole au secours d’innocents
Dans la campagne résonne la poudre
Je vais et vole plus vite que la foudre

Mon épée est prête à servir
L’ennemi n’a qu’à me tenir
De chacun je suis respecté
Du paysan au chevalier

On m’appelle le chevalier blanc
Je vais et je vole au secours d’innocents
Cents fois ma tête fut mise à prix
Jamais personne ne m’a pris

Ces soldats ne me font pas peur
J’ai pour moi la force et l’honneur
La justice guide mon bras
Jamais rien ne l’arrêtera »

Bayrou : Max Boublil et Luce

« T’es moyenne
Lalalalalala
T’es moyen
Lalalalalala
Mais j’ai pas fait le difficile
A 5h du matin

T’es moyen
Lalalalalala
T’es moyenne
Lalalalalala
J’aurai préférée trouver mieux
Mais tu me faisais de la peine »

Cheminade : Balavoine

« J’aurais voulu être un artiste
Pour pouvoir faire mon numéro
Quand l’avion se pose sur la piste
À Rotterdam ou à Rio
J’aurais voulu être un chanteur
Pour pouvoir crier qui je suis
J’aurais voulu être un auteur
Pour pouvoir inventer ma vie

J’aurais voulu être un acteur
Pour tous les jours changer de peau
Et pour pouvoir me trouver beau
Sur un grand écran en couleurs

J’aurais voulu être un artiste
Pour pouvoir être un anarchiste
Et vivre comme un millionnaire

J’aurais voulu être un artiste
Pour avoir le monde à refaire
Pour pouvoir dire pourquoi j’existe  »

Une phrase célèbre :

Hollande : « Veni, vidi, vici »

Sarkozy : »Au revoir » VGE

Le Pen : « Tant va la cruche à l’eau… »

Joly :   » Dans chaque ami, il y a la moitié d’un traître.  »

Bayrou : « Impossible n’est pas français »

Poutou : « L’espoir fait vivre »

Dupont-Aignan : « C’est encore plus beau lorsque c’est inutile »

Arthaud : « Révolte ! Révolte ! » (Kaamelott)

Mélenchon : « Ah, ça ira, ça ira, ça ira »

Cheminade : « bloubloubloublou » (La denrée)

Un truc qui se mange

Le Pen : Une tête de nègre

Sarkozy : Un soufflé

Bayrou : Une truffe

Joly : La gaufre

Dupont-Aignan : Une pet de nonne

Hollande : (C’est trop facile !) Un flan, oui, mais un flan Dukan !

Arthaud : Du bœuf Stroganof

Poutou : Des baisers au chocolat

Mélenchon : du Chou en cocarde

Cheminade : de la Jelly (verte de préférence)

Stay tuned pour davantage d’aventures présidentielles dans la journée !

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Le vote, c’est la vie ! – Alain Rey et moi (6)

Ce titre fort en bouche et légèrement racoleur,  pour vous annoncer qu’en cette veille de 1er tour, crucial pour les cinq années à venir, je me suis intéressée à l’histoire des mots des élections.

Candidat

Je me suis toujours demandée si les candidats avaient un rapport avec Candide. Vous savez, le niais de Voltaire, avec son jardin. Du coup, j’aime à imaginer nos 10 protagonistes avec un sourire idiot sur le visage et une très grande naïveté sur le monde. Folle que je suis. Certains doivent être aussi innocents que des loups dans la bergerie. Remarquez chez Voltaire aussi, on fait les pires horreurs au nom du bien, le tout avec une ingénuité troublante. y aurait-il quelque chose, alors ?

Non, le candidat vient bien de candide, mais de la couleur blanche, le candor latin. Parce qu’il est pur et innocent ? Ahahahahah.  Non, le candide est à l’époque classique celui qui brigue une fonction élective et pour se faire, se vêtit de blanc.

Prochaine élection présidentielle, on fait renaitre les soirées blanches d’Eddy Barclay. La classe.

Ballotage

Dans un autre genre d’idée reçue, j’ai toujours cru que lorsqu’il y avait ballotage, c’est parce que le sort ne savait de quel côté pencher, et que les candidats étaient promenés d’un côté puis d’un autre jusqu’à ce que des résultats clairs et décisifs ne tombent. Il se trouve, après enquête, que le ballotage n’ait absolument rien à voir avec le fait d’être secoué.

Ou avec le fait de se jeter des ballots de paille à la tête, comme le suggère Goscinny dans Le combat des chefs.

Remarquez, pourquoi nous parle-t-elle de ça ? On ne parle jamais de ballotage pour les élections présidentielles. Effectivement, mais c’est un tort. On a simplement admis qu’aucun candidat, même Poutou, n’aurait jamais la majorité absolue au 1er tour, et donc, les 2 meilleurs candidats sont donc théoriquement en ballotage au 1er tour. On ne le dit pas, c’est tout.

"Si les chefs sont de force égale, ils ont le droit de se jeter des ballots à la tête; on dit alors qu'ils sont en ballottage."

Ce ballotage-ci – ou ballottage – vient de la petite boule à voter, la ballotte, utilisée autrefois pour voter. Le ballotage est donc le vote par ballotte. Ce n’est que vers le XIXe qu’il prendra le sens plus restrictif du résultat négatif du 1er tour d’une élection.

L’anglais, comme souvent, en a gardé une trace puisque le verbe to ballot (voter) et le nom a ballot (un scrutin) sont encore utilisés aujourd’hui.

Président

Chon Chon, présidons !

Finissons en beauté en nous posant la bonne question : quelles qualités doit posséder notre président ?

Narcissisme, égoïsme, malhonnêteté, opportunisme, talonnettes ? Que nenni.

Si l’on en croit l’étymologie, la première qualité est la « préséance » :  le mot président est composé du latin prae « devant » et de -sidere « être assis, siéger ». Donc littéralement, c’est celui qui est assis devant.

En fait, le président est un peu là pour nous écraser, nous faire de l’ombre, soyons honnête. Il prend de la place quand on l’invite celui-là, voire même il vous passe devant aux caisses. N’en déduisez pas automatiquement que le président doit être vieux. Âgistes, va !

Et ne nous mentons pas en cette veille de grand jour, c’est bien pour qu’il s’assoie au 1er rang à côté d’Angela à votre place, et réponde aux questions des professeurs journalistes que vous l’élisez président, non ? Alors, ne vous plaignez pas quand il prend les meilleures places au théâtre ou au concert. Il a le droit, c’est écrit dans son nom.

Le verbe praesidere signifiant également « avoir la direction de, veiller sur, protéger ». Rien d’étonnant donc à ce que la fonction présidentielle soit un brin paternaliste. C’est l’étymologie qui l’a voulu. Et tous nos bons présidents savent qu’il ne faut pas jouer avec l’étymologie. (C’est marrant, y a des trucs qu’ils oublient moins que d’autres…)

Ce que je ne vous ai pas encore raconté et qui blesse mon petit cœur laïc et républicain, c’est qu’à l’origine, le terme désignait le chef d’une communauté religieuse, celui qui présidait une réunion de chrétiens. Quelle ironie quand on voit la multiplicité des confessions en France aujourd’hui.

Monsieur le futur Président, et si vous étiez aussi, voire surtout, le chef de ceux qui ne croient pas, en rien, que dalle, nada, des nèfles ? Ça ne simplifierait pas les choses ? Merci pour nous.

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