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Du noir, du blanc et des couleurs

J’aime les albums aux graphismes simples, à la limite du dépouillement, et qui laissent le lecteur respirer.  Or, j’ignore si la technique a un nom, mais force est de constater que les albums jeunesse qui jouent sur le contraste entre le noir, le blanc et les couleurs, sont légion ces temps-ci. Ils se prêtent particulièrement bien à cette « légèreté » visuelle que j’affectionne, mais paradoxalement, je ne les aime pas très souvent.

La frontière entre simplicité et vide intersidéral est très glissante.

Parfois, le trait noir est trop épais, et « obscurcit » l’histoire au lieu de l’éclairer. Parfois aussi, le dessin est magnifique mais l’histoire faiblarde et cela n’a plus d’intérêt pour moi.

Mais de temps en temps, le résultat est superbe, tout en nuances, et ce jeu sur les contrastes sert parfaitement une histoire bien racontée.

P’tit Biscuit, Cécile Hudrisier c/o Didier Jeunesse

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J’ai craqué sur les graphismes épurés et pourtant réalistes de ce livre. Le blanc (légèrement crème, car en plus le papier est beau) domine largement mais les dessins très fins et minutieux ainsi qu’un texte très musical donnent un équilibre et une poésie remarquables à l’ensemble. Du coup, la page blanche elle-même fait partie du décor et l’on a l’impression de littéralement tenir un petit univers entre ses mains. Quant à l’histoire, c’est une reprise du célèbre conte anglo-saxon et elle finit de façon assez cruelle -pour mon plaisir- ce qui n’a pas semblé choquer le Bigorneau du haut de ses 2 ans et demi.

Un vrai coup de cœur pour cette histoire très joliment racontée et d’un très bel équilibre entre texte et image.

Plic Plac Ploc, Bushika et Maro c/o Didier Jeunesse

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Cet album est un cadeau et j’étais plus que sceptique devant le graphisme naïf et la légèreté du texte. Grossière erreur.

Un personnage coloré puis deux, suivis rapidement de toute une foule multicolore, s’amusent dans la pluie. Le texte est succint, beaucoup d’onomatopées et quelques phrases dont je n’avais pas saisi l’importance, un peu repoussée, je l’avoue, par l’apparente simplicité (en vrai, j’ai pensé niaiserie) de l’ensemble. Sauf qu’en fait, cet album est très malin car il reprend les passages clé de comptines sur la pluie (« tombe, tombe, tombe la pluie », « il pleut, il mouille »…) que je n’avais pas identifiées et qui sont un complément très fun, à la lecture, aux onomatopées que mon fils adore prononcer.  On alterne les splitch, les splotch, et les fredonnements, c’est sympa. Là encore, on démarre sur une page très blanche qui se remplit peu à peu de couleur, tourbillonne, puis vire au noir quand la pluie s’intensifie et que la gadoue s’installe.

Le Bigorneau semble retrouver le même plaisir qu’il a à sauter à pieds joints dans les flaques d’eau. De préférence boueuses, sinon c’est moins drôle.

Le tapir aux pas de velours, Kim Han-Min c/o Cambourakis

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Bien que le graphisme soit très différent, cet album ressemble beaucoup à celui de petit biscuit. On y trouve un jeu sur les sons important, pour raconter les déambulations discrètes de nos petits tapirs, un voyage donc, et un beau papier crème ! Le noir est beaucoup plus présent ici, cependant pas étouffant, car l’auteur joue également sur les nuances de couleur. Après, certains seront sûrement allergiques au style asiatique du dessin mais le dessin est tout de même très moderne et l’histoire fort mignonnette.

Extra Doux, Barnett et Klassen c/o Milan

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Last but not least, tout frais acheté de ce matin, cet album va sûrement rester un chouchou au même titre que P’tit biscuit. Annabelle trouve un jour une boîte remplie de fil multicolore et commence à colorer le monde, bien triste, qu’elle habite. La couleur envahit donc la page petit à petit, même si le sombre n’est jamais très loin. C’est beau et c’est même parfois drôle car Annabelle tricote des pulls pour tout et tout le monde. Là encore, le Bigorneau l’a adopté à la première lecture.

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Touche à tout : des livres à manipuler

Le Bigorneau a déjà, à 16 mois, une bibliothèque impressionnante pour son âge. Il y a en pour toutes les humeurs et tous les goûts, même si une journée s’achève rarement sans qu’on les ai tous lus une fois.

Il y a les livres à chanter, les livres à bruiter, les livres à raconter, ceux avec des coccinelles, ceux avec des papas ou  avec des Chapi (cf le lexique du bigorneau). Mais ceux qui remportent la palme, haut la main, depuis le début, ce sont les livres qui sont drôles à tripoter !

Parce que je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais les formes et formats des livres pour petits ne sont pas toujours adaptés pour un tournage de pages par mimines gluantes empotées et posage sur cuissot rebondi.

Du coup, il y a les livres qu’on lit plutôt avec papa et maman, et ceux qu’on découvre tout seul. Petit tour d’horizon des livres que le Bigorneau a beaucoup aimé, voire aime encore manipuler :

Dès qu’il sait saisir un objet :

a) L’imagerie des bébés, Fleurus

Ne nous leurrons pas, les premiers livres ne sont là que pour être mangés. Puis, une fois rassasié, le Bigorneau tourner leur page, parce que c’est rigolo. Enfin, s’il lui reste un peu d’énergie, il consentira à en étudier le contenu.

L’imagerie des bébés, chez Fleurus est parfaite pour ça. Le format est petit, les coins bien arrondis, et la couverture molletonnée. Le livre tient très bien en main et les pages sont faciles à tourner, parfait pour nos modèles réduits. Le contenu est simple mais très attractif pour l’œil de bébé, car il ne s’agit pas de dessins, mais de figurines en pâte à modeler. Du coup, on  a une impression de relief qui retient l’attention.

Clairement, on n’achète pas ces livres pour introduire bébé à la beauté et à la grandeur de la langue française : le texte est réduit à sa portion congrue.

Un coup de cœur particulier pour l’imagier du corps. Car si le Bigorneau, vieux de 15 mois, s’est désintéressé au fil des mois de ses imagiers, celui-ci, plus ludique et empli de petits bonhommes, continue de l’amuser. Il accompagne la lecture des pages et des « montre-moi ton… » qui composent le livre de gestes trop choupinous.

Dernier avantage : on les trouve partout, même à Super U !

Dès qu’il sait tourner les pages :

b)  Sur le chemin, Milan jeunesse

Le Bigorneau étant un gros frustré de la vie, du genre à vous percer les tympans si quelque chose lui résiste, nous avons très vite investis dans des livres qu’il pouvait explorer seul, sans hurler. Et celui-ci est parfait.

Le principe est simple : à gauche un ou des animaux découvrent d’autres animaux « cachés » derrière un obstacle. Cet obstacle est en fait une page centrale en relief qui joue sur la transparence et facilite la préhension (toi même !). Ainsi, les coccinelles découvrent derrière une fleur un paillon, les petits poissons un requin derrière une algue, un crabe un pied derrière un seau de plage etc…

Cerise sur le gâteau, le texte est tout en allitérations et forme une douce mélodie. Un très chouette livre que le Bigorneau s’est fait un plaisir d’écorner, sans jamais le détruire déchirer (il l’a pourtant depuis ses 9 mois. Une valeur sûre, je vous dis).

Dès qu’il tient assis :

c) Dans les nuages, Loulou & Cie, L’école des Loisirs

Pourquoi un livre devrait-il forcément être carré ? Ou rectangulaire ? Pas toujours pratique pour tourner les pages collées par des bouts de pains machouillés ou de la graisse de Bigorneau. Ici, chaque page a une forme unique, celle d’un nuage, si bien qu’il y a toujours un bout qui dépasse à saisir. Sur chaque double page ? Un truc qui vole: on commence par une coccinelle et on finit par ça aussi, pour la plus grande joie du Bigorneau.

Dès qu’il aime jouer à sortir et ranger des objets :

d) Mes petites comptines, Tourbillon

Mes petites comptines chez Tourbillon est un objet-livre génial. Il se présente comme une boîte qu’on ouvre sur le côté, et dans laquelle sont rangés 9 mini livres. Chacun de ces livres est consacré à une comptine : à gauche, le texte, à droite l’illustration. Le Bigorneau a passé des heures à jouer avec et à nous solliciter pour les chanter. C’est de la que lui viennent la mémorisation de la mélodie d » 1,2, 3, nous irons au bois » dont je parlais ici et sa passion pour le mot « Coucou ». C’est non seulement génial pour leur faire découvrir ces classiques de la chansonnette (Une poule sur un mur, Le bon roi Dagobert, Dans la forêt lointaine…), mais ils s’amusent comme des petits fous avec ces petits objets parfaitement adaptés à leur main. On retire les livres grâce à une petite ficelle et on les remet en les écrasant replaçant dans de petites cases prévues à cet effet.Les illustrations et les couleurs sont très chouettes, ce qui ne gâche rien. C’est le genre de livres que j’offrirai sans hésiter aux futures mamans.

e) Ma p’tite boîte à livres, Éditions Quatre Fleuves

Ma p’tite boîte à livres est également une boîte, toute en hauteur cette fois-ci, dans laquelle sont empilés 10 petits livres. Le format est un peu plus grand mais très maniable, cependant. Les livres traitent des sujets de la vie quotidienne (ma journée, ma famille) et les classiques couleurs, animaux etc… Bigorneau s’éclate à sortir les livres de la boîte, à la trainer derrière lui grâce à sa poignée, mais en tant que parent, je suis plus mitigée.

Alors certes, c’est écolo, livres et boîte étant constitués à 98% avec des matériaux recyclés, mais le contenu est très léger, voire inadapté pour un petit nenfant français. Il s’agit apparemment d’une traduction ricaine car on y trouve des bus jaunes, des écoles avec des clochers, des fruits et légumes parmi les plus courants outre-atlantique mais moins chez nous. Heureusement, certains livres sont exempts de ces américanismes, comme ceux sur la famille, mais on y trouve en revanche de beaux clichés sur les rôles garçon/fille, papa/maman.

Dès qu’il a les doigts assez agiles

Last but not least, voici les ouvrages favoris du Bigorneau ces derniers temps : les livres à « fenêtres ». Je ne sais pas si ça a un nom officiel, mais c’est comme ça que j’appelle les livres qui dissimulent des images sous des « volets » qu’il faut soulever ou tourner. Une image dans l’image.

f) Mais il est où ?, Loulou & Cie, L’école des loisirs

Mais il est où ? est un ouvrage aux couleurs vives, des mêmes auteurs que Dans les nuages. Tout démarre sur la couverture où l’on peut ouvrir la porte d’une cage et découvrir cette phrase : il est parti mon canari. On parcourt donc le livre à la recherche dudit canari, en découvrant différents objets et habitants de la maison et du jardin, et en cherchant dessous si le canari s’y trouve. Par exemple, sous le volet du tas de feuilles du jardin, on découvre des champignons, et sous ces champignons, une fourmi. Il faut donc poursuivre notre recherche. Le comique de répétition est vraiment le grand truc du Bigorneau qui répète Nononon en boucle à chaque fois qu’on lui demande si le canari se trouve là. Un chouette bouquin, même s’il a encore un peu de mal à saisir les fenêtres parfois, pour les tourner seul.

Plus simple, pour les plus petits, mais tout aussi efficace, je vous conseille aussi celui-ci : Qui se cache sous les fleurs ? chez minedition.

Pour les plus grands, je vous renvoie à mon article sur les magnifiques livres Pop-up des éditions les Grandes Personnes.

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Les Grandes Personnes – éditions

Le Bigorneau a forcément été gâté pour son anniversaire. Et parmi les nombreux livres qu’il a reçus, il y en a deux qui se détachent, tous deux de la maison d’édition (Les Grandes Personnes) :

             

Ces deux albums, très différents, se distinguent par la pureté et la beauté des lignes des illustrations, mais surtout, par leur mise en volume. Ce sont des livres Pop-up, mais la 3D n’est pas là comme « gadget », elle est essentielle : c’est elle seule qui raconte.

Tout blanc est un jeu sur les formes, les volumes et le contraste entre blanc et couleur. Pas de texte mais une infinité de place pour l’imagination.

  Drôle d’oiseau est le récit de l’éclosion et de l’envol d’une portée d’oisillons. Il fourmille de couleurs et de formes, toutes plus gracieuses et élancées les unes que les autres. Une phrase se glisse discrètement et accompagne le mouvement.


Le résultat est somptueux, le contenu vraiment adapté aux tout-petits (ce qui est rare avec les Pop-up), mais la finesse de la réalisation ne résistera pas longtemps aux petites mains du Bigorneau. Alors, pour l’instant, il n’a pas le droit de les manipuler, juste de toucher avec les yeux.

Je ne connaissais absolument pas cette jeune maison d’édition, créée en 2009, au catalogue sublime. La majorité de leurs albums pour enfants ont l’air d’allier tactile et visuel. On y trouve aussi quelques – décidément magnifiques – livres d’activités, de coloriages et quelques romans jeunesse. Ils sont diffusés par Gallimard.

Dernier petit détail qui a son importance et finira de me conquérir : sur chaque couverture un dessin, unique, entouré de parenthèses – le logo de la maison d’éditions.

Quelques images qui font envie :

        

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